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Sommaire du N° 2 mars/avril 1997 "Inégalité, précarité, misère"

Conférence nationale de délégués contre la déréglementation, contre la privatisation et pour la défense des services publics.

2ème session, Paris, 15 mars 1997 - projet de mandat pour l'enseignement supérieur

Nous travaillons à l'UPMF (Grenoble) et avons décidé de nous adresser aux personnels et étudiants des universités grenobloises.

Nous ne supportons plus :

1- le développement de la précarité des emplois qui touche aussi bien les enseignants que les IATOS (à l'UPMF, 20% de hors-statut auxquels s'ajoutent des CES dont le nombre oscille au-dessus de 90) alors que le chômage des jeunes, des diplômés, des thésards ne cesse d'augmenter ;

2- la déréglementation statutaire : ITARF au statut qui déroge sur des points essentiels à celui de la fonction publique, recrutement des enseignants qui déroge tout autant, augmentation du nombre de PAST,… qui renforcent le caractère de totale autonomie de chaque université et disloque le service public d'enseignement supérieur ;

3- l'abandon de normes nationales au profit de moyennes de la misère (SANREMO), de contrats quadriennaux,… qui déréglemente tout le fonctionnement de l'université en l'amenant à rechercher de nouvelles ressources auprès du patronat et des collectivités territoriales qui interviennent aussi directement dans les missions de l'université.

4- les attaques continuelles contre la recherche publique et le CNRS.

Nous n'acceptons pas :

1- que les présidents d'université, élus de conseils d'administration sans vocation à défendre les intérêts des personnels et étudiants, osent parler au nom des personnels et présentent la Conférence des Présidents d'Université comme une expression de la volonté des universitaires ;

2- que des représentants d'organisations syndicales mettent en œuvre dans les conseils d'administration les plans qui découlent de cette déréglementation généralisée.

Nous ne voulons pas de la réforme Bayrou :

1- qui intègre l'entreprise dans le cursus universitaire obligatoire par la généralisation des stages diplômants (même rebaptisés) ;

2- qui désorganise l'année universitaire par les semestres et la remise en cause des volumes horaires d'enseignants ;

3- qui remet en cause l'accès aux études.

Cette réforme est le reflet, à l'université, d'une réforme de l'Etat qui, au nom de la réduction des dépenses publiques organisée par l'Union Européenne, détruit les services publics et le statut de la fonction publique.

Nous n'acceptons pas que cette réforme ait été présentée par les dirigeants d'organisations syndicales comme un succès revendicatif .

Nous ne voulons pas de la privatisation de l'université comme il y a privatisation de France Télécom, volonté de détruire la SNCF, destruction de la Sécurité sociale par les ordonnances Juppé au profit d'une justice à deux vitesses,… au nom des critères de convergence de Maastricht.

Nombreux ont été les personnels à manifester concrètement leur soutien au très long conflit des dockers de Liverpool combattant contre la déréglementation et pour préserver leur syndicat. Nombreuses ont été les démarches faites par des personnels, les organisations syndicales contre la généralisation de la pire de toutes les déréglementations : la précarité de l'emploi à l'université.

Nous décidons d'envoyer un délégué à la deuxième conférence nationale contre la déréglementation, contre les privatisations qui se tiendra à Paris le 15 mars. Cette conférence se prononcera sur les modalités concrètes de l'organisation, en France, de la journée internationale du 31 mai contre les déréglementations-privatisations et discutera des initiatives qui d'ores et déjà ont été prises par nombre de délégués de la première conférence pour l'abrogation du Traité de Maastricht.

Ce texte est à ce jour signé par une trentaine d'enseignants, des personnels administratifs et techniques de l'UPMF. Pour tout contact : J.P. Doujon, enseignant sociologie-économie

A l'initiative des personnels du service télécommunication
de la SNCF combattant contre la privatisation