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Sommaire du N° 2 mars/avril 1997 "Inégalité, précarité, misère"

Les Chiraquiens ne doutent de rien.
11 mars, resaisissement.

FNJ, structures et programmes d'un parti national et social

Le FNJ, c'est-à-dire le Front National de la Jeunesse, est né en 1984. Son directeur national n'est autre que le gendre de Le Pen, Samuel Maréchal. Le but principal du FNJ est de former des cadres pour le FN.

Comme le Front National, le FNJ est doté d'une structure très rigide et infiltre tous les secteurs concernant la jeunesse. Ces différents secteurs sont les lycées, les universités, les associations contre le chômage des jeunes, le monde salarié et agricole. Le FNJ lycéen propose de noyauter les bureaux des élèves et d'en prendre la tête pour favoriser la propagande frontiste. Il dénonce le nombre d'immigrés dans les écoles publiques et l'inégalité entre l'école publique et laïque et les écoles privées, proposant ainsi un système éducatif à deux vitesses. Le syndicat Renouveau Etudiant prône un système antidémocratique, où l'actuel droit d'expression des étudiants serait remplacé par la parole des entreprises, invitées à gérer les universités ; il reprend aussi le credo du FN : les institutions de la nation française doivent être strictement réservées aux Français. Enfin, trois associations complètent le terrain d'action du FNJ : l'association de recherche pour l'emploi aux jeunes (ARPEJ), qui se présente aux jeunes sans préciser son lien avec le FN ; le CJAF pour les jeunes agriculteurs ; le CJT pour les jeunes travailleurs. Ainsi, afin de séduire les plus défavorisés, le FNJ dissimule son programme initial, ultralibéral, derrière des préoccupations faussement sociales.

L'objectif du Front National est de prendre en charge toute la jeunesse, afin de convaincre l'électorat dont il a besoin pour gagner le pouvoir démocratiquement . Ce paternalisme se veut rassurant. Le FN, dans ce soucis de régler la vie des jeunes, a établi une charte dite de la jeunesse française. Elle serait en fait l'ébauche de la constitution de la VIème république. Cette charte commence par proclamer le droit à la vie , ce qui signifie le retour à l'ordre moral (interdiction de l'IVG). L'article 15 déclare qu' à 18 ans, tout jeune de nationalité française confirme par serment son attachement à la nation française, souveraine et indépendante , ou encore l'article 13 précise que les jeunes de nationalité française […] seront prioritaires pour l'emploi, pour les aides sociales, pour les logements aidés par l'état ou les collectivités locales, pour l'accès à l'enseignement public . Ordre moral, nationalisme et mesures sociales : cela ne rappelle-t-il pas étrangement le national-socialisme mis en place par Hitler dans les années 30 ?

De plus, le FNJ prend pleinement part au débat politique et économique. Il affirme le fameux ni droite, ni gauche : Français qui lui permet d'ancrer un programme national et social chez une jeunesse dépolitisée. Le programme économique du FNJ remet en cause l'économie libérale, veut défendre l'équité sociale tout en préservant la solidarité nationale. Le système économique qu'il propose n'est pas un système libéral mais une économie en dehors du système mondialiste. Le FNJ propose toute une série de mesures économiques sous le titre une économie libre dans un Etat solidaire . Il rend les immigrés responsables du chômage et de la montée des formes de précarité : on ne trouve aucun terme économique sur la question du chômage. Le FNJ préfère jouer sur les mots en utilisant la priorité aux Français quant au travail et la préférence étrangère quant aux licenciements. Une des limites du programme du FNJ est son manque de réponses dans le domaine économique. De plus, il s'appuie sur le facile sentiment de rejet qu'est la xénophobie. Le FNJ parle d'un état solidaire, mais veut arrêter l'embauche de fonctionnaires et favoriser leur avancement au mérite. Alors à quoi bon permettre à tous un accès à l'enseignement, par exemple, puisqu'il s'opposerait au système non-égalitaire souhaité ?

En conclusion, le FNJ propose un programme plein de contradictions. La raison principale de ce slalom entre le social et l'économie libérale est que le FNJ joue sur la peur, la rancune, bref sur des sentiments plutôt que sur un raisonnement cohérent. Et l'élément fédérant toutes les couches de population est un nationalisme excessif.

Enfin, l'argument du FN (et donc du FNJ) se déclarant le parti le plus propre du monde politique n'est plus valable. Car peut on donner des leçons de morale quand un conseiller régional FN Midi-Pyrénées a été mis en examen pour recel d'escroquerie dans une affaire de détournement de fonds des comptes de l'Agefos PME (1,5 millions auraient été versés sur le compte de sa campagne) ? Et ce n'est pas un exemple isolé : en juin 1995 à Bischeim (Bas-Rhin), Denis Monteillet, candidat FN, inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur sa liste aux municipales. Et cette liste n'est pas exhaustive, même des hauts dignitaires du FN et du FNJ sont touchés par des attitudes qui sont moralement et légalement condamnables.

 Syrius