http://www.les-gueux.org

Sommaire du N° 2 mars/avril 1997 "Inégalité, précarité, misère"

Les intermittents du spectacle
et de l'audiovisuel en lutte

Regroupés en coordination, les différents corps de métiers désignés par le terme intermittents du spectacle ont décidé de faire entendre leurs voix et de réfléchir eux-mêmes à leur statut et, partant de là, aux problèmes profonds de la société actuelle.

Notre statut (ouverture de droits aux Assedic pour au moins 3 mois à taux plein puis dégressivité sur 1 an si l'on justifie de 507 heures travaillées dans l'année écoulée) est contestée par le CNPF sur des notions de rentabilité. Ce dernier propose donc la suppression des annexes 8 et 10 spécifiques aux intermittents et leur passage au régime intérimaire (680 heures travaillées en 8 mois pour 6 mois d'ouverture de droits). Cela conduirait à l'exclusion des 2/3 des intermittents actuels (80 000 recensés dont 40 000 indemnisés). Nos principales revendications sont donc le maintien en l'état des annexes 8 et 10 et la tenue d'Etats Généraux sur le spectacle vivant, le cinéma et l'audiovisuel, pour engager une véritable réflexion de fond sur le statut économique et social des professionnels de ce secteur et sur la place de la culture dans la société.

Jusqu'à présent, seuls les syndicats, que nous jugeons non-représentatifs de l'ensemble de la profession, le patronat et l'Etat sont en discussion : aucune reconnaissance des coordinations, indifférence même du médiateur. Une fois de plus les décisions se prennent sans concertation des véritables concernés. C'est pour lutter contre cet état de fait que nous continuons à faire parler de nous, à nous montrer vivants et réfléchissants .

Nous sommes aussi en contact avec d'autres mouvements de lutte ou de réflexion car très vite notre réflexion s'est élargie au système social, économique, planétaire que les gouvernants ont mis en place pour leur profit et sur le dos des citoyens du monde. Comment se satisfaire du monde actuel régenté par l'ultra-libéralisme, nous qui n'acceptons pas la notion de rentabilité à tout prix, le profit partagé entre quelques potentats et la misère pour les autres, la sur-sécurité, la culture pré-digérée, l'éducation-conditionnement ? Comment ne pas s'inquiéter quand le gouvernement prône la flexibilité pour le monde du travail, nous qui, par essence, avons souvent plusieurs employeurs et connaissons l'insécurité de l'emploi et son cortège d'angoisses quotidiennes ? Comment ne pas appeler à la résistance face à la montée de tous les intégrismes et du nationalisme en particulier, y compris quand cela fait partie des décisions gouvernementales, nous qui avons choisi de vivre libres et de parler sans contrainte ?

Si tous ces problèmes vous intéressent et que vous avez envie d'en débattre, vous pouvez vous joindre au Bureau de la Coordination, au Cargo occupé (jusqu'à fin avril, date de fin des négociations au sein de l'Unedic), tél : 04-76-25-92-16.

Françoise, pour la Coordination des Professionnels
du spectacle vivant et de l'audiovisuel
de la région grenobloise