http://www.les-gueux.org

sommaire du numéro Retraite... la résistible dégradation

Problème de société ou individuel ?

Les retraites : un sujet qui revient en pointillé dans les informations que nous allons chercher ou que nous subissons. Un sujet qui nous concerne tous. Mêmes ceux qui n'ont pas besoin de la Sécu parce qu'ils ne sont jamais malades, (sûrement des gens sans dents, sans enfants, sans parents !!!), pensent arriver à l'âge de la retraite.
On nous promet une catastrophe dans une ou deux dizaines d'années. Les chiffres bruts, sans commune mesure avec ce que nous avons à inscrire sur nos feuilles d'impôts, sont impressionnants, mais ce ne sont que des chiffres qui, sans analyse, sans rapprochement avec les chiffres qui sont en relation avec eux, n'ont pas de sens. Juste des épouvantails. Comme le trou de la Sécu.
Pour remédier à la prédite catastrophe, des fonds de pension, des retraites par capitalisation, des trucs qui me font penser à des bas de laine. Des bas de laine un peu sophistiqués, mais des bas de laine tout de même. Tous ces gens qui s'occupent de nos retraites, c'est pour notre bien. C'est-à-dire, vous l'aviez compris, pour leur bien, et même pour leurs biens. Axa n'a pas de propositions là-dessus  ? Plus sérieusement, l'idée de changer un système où les actifs d'un temps donné payent pour les retraités du même temps, contre un système où chacun accumule, emmagasine quand les temps lui sont cléments, pour sa propre retraite, est bien dans l'air du temps. Chacun sa merde. Une société qui propose des solutions individuelles aux problèmes collectifs. Parce que même organisé collectivement le système des fonds de pension ou de capitalisation sont des systèmes individuels, où chacun aura en fonction de ce qu'il a pu mettre de côté.
Solutions individuelles à des problèmes de sociétés. Bien sûr cela fait penser au chômage, il manque plusieurs millions d'emplois dans ce pays, mais chaque personne qui est au chômage est en échec personnel, et n'aura de solution qu'individuelle. On peut discourir sur le système éducatif, il est indispensable qu'une société adapte son système éducatif à ses besoins, cela ne créera pas des millions d'emplois pour autant. Mais les propos du style : "si vous êtes au chômage, c'est par ce que vous n'avez pas la bonne formation", enfoncent le clou, le mauvais clou, je veux dire. Il n'est pas facile pour un individu de résister à la dégradation des liens sociaux qui résulte de tout cela, bien sûr on peut casser sa télé, mais ça ne suffit pas. C'est le printemps. Sortons de chez nous pour voir où en sont les autres.

Sylvie Tessier