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sommaire du numéro Retraite... la résistible dégradation

Témoignage sur la retraite

A l'âge de 32 ans, après des études longues et des petits boulots alimentaires, mon insertion professionnelle relativement précaire me place dans une situation particulière vis-à-vis de la retraite et de ses cotisations pendant la vie active. En effet, je gagne à heure actuelle moins de 4 000 francs par mois pour un mi-temps tout en ayant la même charge de travail et les mêmes responsabilités que mes collègues. Ce travail ne peut être assuré dans le cadre de la durée de mon contrat de travail. J'accepte, toutefois, cette situation du fait de l'intérêt de ce travail et de la réduction d'incertitude qu'il va permettre sur le long terme, sur la formation sur le terrain qu'il m'apporte et sur les perspectives professionnelles futures qu'il peut engendrer. Tout à fait consciente de l'avantage du système actuel de répartition, les contingences quotidiennes de ma vie professionnelle ne m'ont pas permis jusqu'alors de me pencher sérieusement sur cette question même si les ascendants de mon entourage me permettent de constater l'intérêt et la pertinence de ce système qui leur permet de toucher une pension à peu près égale à 80 % de leur ancien salaire. Je suis donc dans la relative ignorance de son fonctionnement tout en faisant confiance au système tel qu'il existe actuellement. Par contre, je suis consciente que mes années de cotisations ne sont pas nombreuses, ce qui va m'obliger à rester dans la vie active à un âge sûrement supérieur à celui de 60 ans. Les personnes ayant commencées à travailler plus tôt, ont par rapport à moi, beaucoup d'années de cotisations derrière eux. D'autre part, je vis actuellement toujours chez ma mère ce qui me permet de limiter tous les frais inhérents à l'assurance d'une totale autonomie tout en favorisant la constitution d'une petite épargne " de précaution " pour l'avenir et pour faire face.

Julie CONIL